Un tracé de découpe (en anglais dieline) est le dessin d’une boîte dépliée, à plat, à l’échelle 1:1. Il montre où le carton sera coupé, où il sera plié et jusqu’où l’impression doit déborder. Une boîte, aussi simple soit-elle, commence toujours par ce plan.
À quoi sert un tracé ?
Le même fichier sert à trois métiers à la fois :
- Au graphiste, qui pose son décor sur les bons panneaux : la face avant, les côtés, le dessus, sans mettre un texte sur un pli ou sur la patte de collage.
- À l’imprimeur, qui place les boîtes sur sa feuille (l’imposition) et vérifie que le fond perdu est suffisant.
- Au fabricant de la forme de découpe, qui transforme les lignes en lames et en filets de rainage.
Si le tracé est faux de deux millimètres, la boîte ne ferme pas, le produit ne rentre pas, ou le décor tombe à côté. C’est pourquoi on valide le tracé avant de dessiner, et non l’inverse.
Ce que contient un tracé
- Les coupes : le contour de la boîte et les découpes intérieures (fenêtre, poignée, encoche).
- Les rainages : les lignes de pli, écrasées dans le carton pour qu’il se plie net.
- Les perforations éventuelles : une bande d’ouverture, une partie détachable.
- Le fond perdu : une marge autour du contour où l’impression déborde, pour éviter un liseré blanc à la coupe.
- Les cotes : longueur, largeur, hauteur, et le type de cotes utilisé (intérieures, extérieures ou de fabrication).
Chaque type de ligne a sa couleur et son calque, pour que les machines et les logiciels les reconnaissent. Nous détaillons ces conventions dans Coupe, rainage, perforation : lire un tracé.
D’où vient un tracé ?
La plupart des boîtes suivent des modèles connus : la caisse américaine, l’étui à rabats inversés, la boîte pâtissière à coins pliés, la boîte pizza. Ces familles ont des codes communs dans la profession (les codes FEFCO pour le carton ondulé, ECMA pour le carton compact), expliqués dans notre article sur les normes.
Un modèle ne suffit pas : il faut ses dimensions à vous, et l’épaisseur de votre carton. Un étui de 60 × 40 × 120 mm en carton de 0,5 mm n’a pas le même tracé qu’en micro-cannelure de 1,5 mm : les rabats, les pattes et les jeux changent. C’est ce que calcule un générateur paramétrique : vous choisissez le modèle, vous entrez vos cotes et la matière, et le tracé se redessine.
Les erreurs les plus courantes
- Redimensionner un tracé dans un logiciel de dessin : les épaisseurs et les jeux ne suivent pas, la boîte ne ferme plus.
- Confondre dimensions intérieures et extérieures (voir Cotes intérieures ou extérieures).
- Imprimer le tracé lui-même : il doit rester sur un calque à part, en ton direct non imprimé.
- Oublier le fond perdu : un liseré blanc apparaît au moindre décalage de la coupe.

